Forteresse, résidence de chasse royale et décor d’un célèbre roman français — mille ans au-dessus de la vallée du Trièves.
Élevé vers l’an mille, alors que le Trièves ne formait qu’une seule seigneurie des comtes de Die, Montmeilleur fut bâti pour la défense — un donjon carré flanqué de quatre tours d’angle sur une colline, dominant la vallée glaciaire en contrebas. Pendant plus de quatre siècles, il appartint à la famille de Morges, avant de passer entre les mains de grandes maisons de Grenoble et de Marseille.
Après les guerres de Religion du XVIᵉ siècle, la forteresse perdit sa vocation militaire. Douves, remparts et pont-levis cédèrent la place aux terrasses, aux jardins et aux tours habillées de roses, et la place forte s’adoucit en château de plaisance.

Un donjon carré à quatre tours d’angle, bâti au cœur des rivalités féodales du Trièves médiéval.
Alors qu’il gouverne le Dauphiné en jeune Dauphin, le futur roi Louis XI fait de Montmeilleur sa résidence de chasse de prédilection — avant même d’être couronné roi de France.
Après les guerres de Religion, l’édifice est désarmé ; terrasses et jardins remplacent ses défenses.
Pillé pendant la Révolution et remanié en 1875, le château conserve sa silhouette médiévale et Renaissance.
Acquis puis restauré avec soin pendant une décennie par jusqu’à vingt-cinq artisans locaux, à grand renfort de noyer, de carreaux peints à la main, de peinture à la chaux et de chanvre.
Les tours, les jardins et les quarante-cinq hectares de terres biologiques accueillent quelques hôtes à la fois.
Le romancier Jean Giono séjourna à Montmeilleur et chérissait le Trièves plus que toute autre montagne — une vallée qu’il voyait comme un vaste amphithéâtre naturel entre le Vercors et le Dévoluy. Il y situa son roman Un roi sans divertissement (1947), inscrivant le château dans les lettres françaises.
“La maison désirée des montagnes.” Jean Giono, à propos du Trièves